904.000 candidats dans plus de 50.000 listes publiées lors du premier tour des élections municipales, le 15 mars 2026, selon les données du ministère de l’Intérieur publiées le 28 février.
Les élections municipales prévues en 2026 font l’objet de plusieurs changements importants et s’inscrivent dans un cadre électoral rénové. Plusieurs évolutions du droit électoral modifient les modalités de candidature et de vote, notamment dans les communes de moins de 1 000 habitants.
- Généralisation du scrutin de liste
À compter de 2026, le scrutin de liste s’applique à l’ensemble des communes quelle que soit leur taille. Il s’agit d’un changement majeur, car « le tir aux pigeons » qui consistait à « rayer » le nom de tel ou tel candidat ne sera plus possible.
Le fait de rayer un des noms ou de rajouter un autre nom sur un bulletin, ou bien encore de modifier l’ordre des candidats sur une liste, rend désormais le bulletin de vote nul et il ne sera plus comptabilisé parmi les exprimés.
Ce « sport communal » de « biffage » disparait donc à l’occasion de ce scrutin quelle que soit la taille de la commune et entraînera certainement de la frustration pour quelques électeurs attachés au choix nominatif de leur élus, ou au règlement de quelques « contentieux »…
A retenir pour les électeurs :
- Le vote porte sur une liste complète ;
- Le panachage est supprimé ;
- Toute modification du bulletin entraîne sa nullité ;
- Les listes sont composées alternativement d’un candidat de chaque sexe.
- Organisation du scrutin municipal
Premier tour
Une liste est élue dès le premier tour si elle obtient :
- La majorité absolue (la moitié des voix plus une) des suffrages exprimés ;
- Et au moins 25 % des électeurs inscrits.
À défaut, un second tour est organisé.
Second tour
Peuvent se maintenir les listes ayant obtenu au moins 10 % des suffrages exprimés. Les listes ayant obtenu au moins 5 % peuvent fusionner avec une liste elle aussi qualifiée à partir des mêmes critères.
Au second tour :
- La majorité relative suffit ;
- La liste arrivée en tête bénéficie d’une prime majoritaire correspondant à la moitié des sièges ;
- Les autres sièges sont répartis à la représentation proportionnelle entre les listes ayant obtenu au moins 5 %.
- Désignation des conseillers communautaires (« fléchage »)
Les électeurs désignent simultanément les conseillers municipaux et les représentants au sein de l’EPCI à fiscalité propre : la communauté de communes, ou d’agglomération dans la plupart des cas, ou la métropole.
Les candidats appelés à siéger au conseil communautaire sont identifiés au sein de la liste municipale (fléchage). Il n’y a pas de vote distinct pour l’intercommunalité.
La répartition des sièges communautaires suit les résultats du scrutin municipal, selon un mécanisme combinant prime majoritaire et représentation proportionnelle.
- Élection du maire et des adjoints
Les électeurs élisent les conseillers municipaux. Mais ils n’élisent pas le (la) maire. Le (la) maire et les adjoints sont ensuite élu(e)s par le conseil municipal.
Élection du (de la) maire
Le conseil municipal se réunit dans les jours suivant l’élection.
Le (la) maire est élu€ :
- Au scrutin secret ;
- À la majorité absolue aux deux premiers tours ;
- À la majorité relative au troisième tour, si nécessaire.
Qu’en est-il de la parité entre le (la) maire et le 1er (1ere) adjoint(e) ?
A ce jour, « aucune disposition n’impose que le (la) maire et son premier adjoint soient de sexe différent. Dès lors, si le (la) maire est un homme, le premier adjoint peut également être un homme et inversement » (réponse ministérielle à QE n° 03458 publiée dans le JO Sénat du 15 mai 2025, page 2456).
Nombre d’adjoints
Le conseil municipal détermine le nombre d’adjoints.
Toutefois :
- Le nombre d’adjoints ne peut excéder 30 % de l’effectif légal du conseil municipal ;
- Il doit être au minimum d’un adjoint.
Le nombre exact dépend donc de la taille du conseil municipal, elle-même fixée selon la population de la commune.
Élection des adjoints
Les adjoints sont élus par le conseil municipal :
- Au scrutin de liste ;
- À la majorité absolue ;
- Sans panachage ni vote préférentiel.
La liste des adjoints doit respecter le principe de parité, avec alternance femme-homme.
Si la majorité absolue n’est pas obtenue aux deux premiers tours, un troisième tour est organisé à la majorité relative. Les adjoints sont classés dans un ordre déterminé (premier adjoint, deuxième adjoint, etc.), appelé ordre du tableau.
Rôle des adjoints
- Assistent le (la) maire dans l’exercice de ses fonctions ;
- Peuvent recevoir des délégations de compétences ;
- Remplacent le (la) maire en cas d’absence ou d’empêchement, selon leur ordre de nomination.
Ils constituent, avec le (la) maire, l’exécutif municipal.
Nombre d’adjoints par strate de population
| Population de la commune | Nombre de conseillers (effectif légal) | Nombre maximum d’adjoints (30 %) |
| Moins de 100 habitants | 7 | 2 |
| 100 à 499 habitants | 11 | 3 |
| 500 à 1 499 habitants | 15 | 4 |
| 1 500 à 2 499 habitants | 19 | 5 |
| 2 500 à 3 499 habitants | 23 | 6 |
| 3 500 à 4 999 habitants | 27 | 8 |
| 5 000 à 9 999 habitants | 29 | 8 |
| 10 000 à 19 999 habitants | 33 | 9 |
| 20 000 à 29 999 habitants | 35 | 10 |
| 30 000 à 39 999 habitants | 39 | 11 |
| 40 000 à 49 999 habitants | 43 | 12 |
| 50 000 à 59 999 habitants | 45 | 13 |
| 60 000 à 79 999 habitants | 49 | 14 |
| 80 000 à 99 999 habitants | 53 | 15 |
| 100 000 à 149 999 habitants | 55 | 16 |
| 150 000 à 199 999 habitants | 59 | 17 |
| 200 000 à 249 999 habitants | 61 | 18 |
| 250 000 à 299 999 habitants | 65 | 19 |
| 300 000 habitants et plus | 69 | 20 |
Note : Pour les villes de Lyon (73 conseillers), Marseille (101) et Paris (163), des règles spécifiques s’appliquent.
- Le cas des « communes nouvelles »
Il s’agit là de communes créées par regroupement de plusieurs communes.
Comme pour une commune classique, le nombre d’adjoints « élus » ne peut excéder 30 % de l’effectif légal du conseil municipal.
Toutefois, une spécificité majeure existe pour les communes nouvelles durant leur période transitoire (jusqu’au troisième renouvellement général du conseil) :
- Le nombre de conseillers est souvent calculé sur la base de la strate démographique immédiatement supérieure à la population réelle de la commune.
- Par conséquent, le plafond des 30 % s’applique à cet effectif élargi, permettant d’avoir plus d’adjoints qu’une ville classique de même taille.
Et le cas particulier des Maires Délégués
Dans les communes nouvelles qui ont conservé des « communes déléguées », les maires délégués occupent une place à part :
- Ils sont adjoints de plein droit au maire de la commune nouvelle.
Bonus hors quota : Ces maires délégués ne sont pas comptabilisés dans le plafond des 30 % (sauf s’ils cumulent cette fonction avec un poste d’adjoint élu spécifiquement pour la commune nouvelle).
- Dépôt de listes incomplètes et conseil municipal réputé complet
Le dépôt de listes incomplètes sera autorisé, avec un seuil minimum de candidats par listes. Par conséquent, les listes seront considérées comme complètes (lors de l’enregistrement de la déclaration de candidature) dès l’instant où elles compteront jusqu’à deux candidats de moins que l’effectif théorique du conseil municipal
- 5 candidats minimum dans les communes de moins de 100 habitants (au lieu de 7) ;
- 9 candidats minimum dans les communes de 100 à 499 habitants (au lieu de 11) ;
- 13 candidats minimum dans les communes de 500 à 999 habitants (au lieu de 15).
- Ajout de deux candidats supplémentaires
La loi de 2025 permet également « Dans l’ensemble des communes (…) de rajouter deux candidats supplémentaires sur les listes (possibilité déjà prévue pour les communes de plus de 1 000 habitants). L’objectif est de favoriser la stabilité des conseils municipaux en cas de vacance de sièges et de garantir le pluralisme »
- Et s’il n’y a pas de candidat ? Que se passe-t-il ?
Lorsqu’un conseil municipal ne peut être constitué, une délégation spéciale en remplit les fonctions. » Cette délégation spéciale est composée de 3 membres dans les communes de 35 000 habitants et moins (art. L. 2121-37 du CGCT), nommés par arrêté du préfet de département dans les huit jours à compter de la constatation de l’impossibilité de constituer le conseil municipal (art. L. 2121-36 du CGCT).
En cas d’absence de liste aux élections municipales, le préfet doit donc nommer une telle délégation spéciale qui aura la charge d’organiser l’élection partielle visant à élire un conseil municipal.
Cette élection partielle sera organisée sous trois mois et convoquée par l’autorité préfectorale dans le département. Les fonctions de la délégation spéciale prennent fin de plein droit lorsque le conseil municipal est reconstitué.
Une nouvelle disposition législative est en cours d’adoption pour permettre au préfet d’engager un processus de fusion de communes lorsque cette situation d’absence de conseil municipal est constatée. La proposition de loi a déjà été examinée par le Sénat en février dernier.




